Chapitre 2 : La jeunesse de Mike Brant

Moshe devient Mike

Déjà, Moshe monte sur scène
A 15 ans, le fils aîné des Brand n’a peur de rien.
Il va se proposer pour animer, dans un grand hôtel d’Haïfa, le réveillon de la Saint Sylvestre. Il est accepté, à son grand étonnement : déjà, malgré les apparences, il manque d’une certaine confiance en soi.

A 17 ans, Moshe est devenu un artiste à la tête de son groupe, les Chocolate’s. Il anime les soirées privées et les fêtes familiales d’Haïfa avec un succès de plus en plus grand. Et là, il trouve ses marques, sa voie. Il aime les contact avec les public, la scène : <> (le poème LA SCÈNE de Michel Jourdan).

Son nom sera Mike Brant

A 17 ans, Moshe prend le nom de MIKE BRANT (et non pas Brand, pour ne pas être confondu avec la marque d’électro-ménager, dira son frère Zvi avec humour) à l’occasion de son premier engagement au Rondo, le night-club de l’hôtel Dan Carmel à Haïfa, avec ses amis musiciens David Azoulay et Kobi Erlich. Et puis, <> fait plus vedette américaine que <> !
Lorsqu’il ne chante pas, il est vendeur d’oranges ou garçon de garage, car il faut bien gagner sa vie.

Ses conquêtes féminines

Mike Brant chante au Rondo pendant un an et demi. Les mois défilent, son charme opère de plus en plus, ses yeux bleus et sa silhouette d’athlète font des ravages, les conquêtes féminines se multiplient.
Mais, raconte son frère Zvi; <>.

Dans le night-club de l’hôtel Hilton à Tel-Aviv, il vient interpréter pour la clientèle internationale des hits américains de ses chanteurs préférés : Tom Jones, Elvis Presley, Frank Sinatra, Aretha Franklin, les Platters dont il aime la voix du soliste, haut perchée. Mike chante des chansons italiennes comme O SOLE MIO, qui vont comme un gant à ses airs de <> et à sa voix ensorcelante. C’est la période la plus belle, la plus épanouissante de sa vie, il fait ce qu’il veut. Le directeur de l’hôtel le considère comme son propre fils et lui passe ses caprices. <>, dira plus tard Mike.

Son premier fan meurt

En 1967, tout va bien : Mike Brant est devenu un chanteur coté dans le circuit des grands hôtel. Mais son père, qui a toujours été son premier fan, meurt. Mike est très affecté par sa disparition. Sa mère a raconté : <>
Mike, abattu, reprend son métier, mais désormais, il commence chacune de ses prestations en interprétant la chanson préférée de Fichel Brand.
Peu après, à 19 ans, Mike Brant est engagé comme chanteur dans la célèbre troupe du grand music-hall d’Israël, Lakat Karmon. Pendant deux ans, il fait connaître à l’Afrique, à l’Australie et aux Etats-Unis les airs du folklore israélien.

Une voix exceptionnelle !

Il reprend sa liberté. Un nouvel engagement, en solo, lui est proposé, cette fois à l’hôtel Sheraton de Tel-Aviv, puis au Baccara, le cabaret de l’hôtel Hilton de Téhéran, en Iran.
Il imite alors le comique américain Jerry Lewis et étoffe son répertoire anglais et italien. Sa voix de chanteur est tout à fait exceptionnelle : une gamme de DIX-SEPT notes en voix pure plus DIX notes en suraiguës !

Sylvie Vartan et Carlos

A Téhéran, Mike chante jusqu’à 150 chansons par nuit ! Mais sa performance n’est pas vaine, elle est remarquée par une belle blonde de 22 ans, la chanteuse Sylvie Vartan (qui passe dans le même programme que lui) et par son jovial secrétaire-partenaire Carlos.
Tous deux chantent alors leur tube DEUX MINUTES TRENTE-CINQ DE BONHEUR. La rencontre s’avère décisive. <>, dira plus tard Sylvie Vartan. Mike les rejoindra seulement quelques semaines plus tard à la fin de son contrat. Il prend un billet Téhéran/Tel-Aviv/Paris ; il ne parle pas français, à peine anglais. Et Sylvie Vartan s’engage même, en cas de déception, à lui payer son billet de retour.

Paris, la ville lumière

1969 : Mike Brant arrive comme dans un rêve à Paris. Malheureusement, il lui est impossible de joindre au téléphone Carlos ou Sylvie Vartan !
Il se fait déposer sous la pluie, près de l’église de Saint-Germain-des-Prés, car c’est le seul endroit dont il a entendu parler à Paris. Il loue une petite chambre et traîne dans le quartier Latin. Il fréquente la pizzeria de l’italien de la rue des Saints-Pères.
Fauché, désemparé, il est sur le point de rentrer en Israël après une semaine difficile. Au moment d’embarquer, à l’aéroport d’Orly, il tente un dernier coup de fil. Signe du destin, Carlos, qui rentre de tournée, décroche. Il l’invite immédiatement à dîner chez lui et l’héberge dans son appartement de la rue Saint-Benoît.
Nous avons bien failli ne jamais connaître ce chanteur extraordinaire…

Laisse moi t’aimer

Grâce à Carlos, Mike se produit au club Bistingo, où ce jeune Méditerranéen, beau comme un dieu, ne passe pas inaperçu !
Carlos le présente un soir à Jean Renard, l’un des compositeurs de Johnny Hallyday (QUE JE T’AIME) et de Sylvie (LA MARITZA). Mike lui chante le classique de Gershwin, SUMMERTIME : Jean Renard et son entourage sont renversés. Très vite, il lui propose une chanson : LAISSE MOI T’AIMER. L’éditeur Gérard Tournier et Jean Renard le signent sans aucune hésitation pour cinq ans sur leur catalogue discographique distribué par CBS.
La carrière de Mike Brant en France comme en Belgique semble bel et bien partie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code